What-gascof-do ?

Publié le par gascof

Avant-propos : Cet article va être chiant.
 
Longtemps évoqué, sans qu’il ait jamais vu le jour, l’article qui suit a pour vocation d’expliquer en quoi consiste mon travail. Non pas que j’en ressente le besoin. Mais je l’avais promis et la plupart des gens qui lisent ce blog ne comprennent que dalle à ce qui m’oblige à rester quelques mois d’affilé dans des endroits aussi intéressants que peut l’être Wu Gang Shi (Henan, Chine).

Du coup, dès les toutes prochaines lignes, vous allez avoir accès à une description relativement technique. Et par conséquent assez pénible, malgré tous les efforts que je vais déployer pour rendre son contenu aussi digeste que possible.

C’est parti.
  

Ingénieur en automatique de formation (1), je travaille pour une société de prestation de services en ingénierie industrielle – SSII, dire S S 2 I – qui m’a placé chez un grand nom de la sidérurgie, Siemens VAI (2). Mon travail consiste à réaliser les études, la réalisation, les tests et la mise en route des logiciels d’automatisme utilisés pour contrôler les machines vendues par ce client (3).


Je suis un niveau 1

Les automatismes ont été organisés en différents niveaux, qui se caractérisent par des fonctions, des outils, des connaissances différents.

Au sein d’une usine, le niveau 3 est chargé d’organiser la production (4).

Le niveau 2 indique au niveau 1 de chaque machine quelles opérations doivent être réalisées pour le prochain produit. Il s’appuie pour cela sur des modèles mathématiques qui tiennent compte des caractéristiques du produit. (5)

Niveaux 2 et 3 se composent de programmes informatiques exécutés sur des serveurs.

Le niveau 1 applique le preset reçu du niveau 2. Pour cela, il dispose d’informations fournies par des capteurs installés sur la machine, et a le contrôle de la machine. Le niveau 1 est un mélange de séquences (faire bouger tel élément quand la plaque est à telle position) et de régulation (maintenir une position à une référence donnée, malgré les perturbations extérieures).

Le niveau 1 se compose d’un automate disposant de cartes électroniques (pour lire les capteurs et faire bouger les actionneurs) et de cartes permettant d’échanger des données sur différents réseaux.

Le niveau 0, c’est tout ce qui reste après les cartes d’entrées-sorties de l’automate du L1. On peut ramener ça à l’ensemble des armoires électriques, avec le relayage, les convertisseurs, les capteurs, les actionneurs, …


Je plane

Depuis un an et demi, je travaille sur un type de machine appelé planeuse, ou leveller en anglais, qui est utilisé pour améliorer la qualité des plates de métal issus des laminoirs (plate mills) (6). Une planeuse permet d’imposer des courbures successives à la plaque. Le résultat obtenu est double : suppression des défauts de planéité du produit (7) et libération des contraintes internes existant dans la plaque (8).

Pour obtenir ce résultat, on utilise des cylindres placés perpendiculairement au sens de déplacement des plaques. On met plusieurs cylindres en dessous des plaques, les uns derrière les autres et on fait pareil au-dessus des plaques, en les disposant en quinconce avec ceux du bas. Lorsque la hauteur entre les cylindres du haut et ceux du bas est inférieure à l’épaisseur de la plaque, on force celle-ci à suivre une trajectoire qui ondule haut en bas, ce qui correspond au processus de planage.

 
 

Pour ceux qui ont eu du mal, des annotations où j’explique avec les mains.

(1) J’ai un diplôme d’ingénieur, en automatique.
(2) Mon employeur me loue à Siemens VAI.

(3) J’écris des documents qui expliquent comment on va se débrouiller pour faire fonctionner la machine en respectant le contrat. Puis je fais du code que je teste. Enfin je me rends dans l’usine où la machine est en cours d’installation, et je mets le code en route.

(4) « Quel produit amener à quelle machine à quel moment afin d’optimiser la production ?» est une question typiquement niveau 3.

(5) « la prochaine plaque fait telles dimensions, telle dureté, il faut faire marcher la machine à telle vitesse, régler la machine à telle position et on estime que tu mesurera une force de tant de tonnes », c’est ce qu’un niveau 1 attends d’un niveau 2. Et si ça arrive au moment voulu, c’est mieux.

(6) les laminoirs réduisent l’épaisseur de plaques super épaisses pour avoir des plaques moins épaisses (mais plus longues du coup). Comme on doit appuyer très fort pour réduire l’épaisseur, c’est dur d’obtenir une plaque bien plate. Mais pas impossible si on s’applique.

(7) Prenez une feuille de papier. Vous la posez à plat. Elle est plate. Prenez de l’eau. Mouillez la ligne imaginaire qui passe au milieu de la feuille. Faites sécher. La feuille n’est plus plate. Elle a un « centre long ». A l’inverse, en mouillant près des bords, on obtient des « bords longs ». Ce sont deux des types de défaut de planéité que peut corriger une planeuse.

(8) imaginez une plaque parfaitement plate. On la coupe en deux. Au niveau de la découpe, il est possible que les coins d’un des morceaux remontent, et qu’ils descendent pour l’autre. C’est dû à des contraintes dans la plaque qui s’opposaient avant la découpe. La planeuse permet de supprimer ces contraintes internes. Du coup, à la découpe, les deux morceaux doivent rester plats.

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Publié dans where-is-gascof

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S
moi j'ai compris!Ca synthètise bien tout ce que tu m'avais déjà expliqué. Sauf cette histoire de niveau... L'ingénieur mécanique qui determine les modèles de niveau 2, il te les donne à coder où il le fait lui-même?bon courage sur tes machines! Je vais rattraper mon retard et lire tes messages suivants maintenant :-D.
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J
Foulalalac'est trop compliqué pour que je lise tout ça maintenant, c'est la fin du week end et j'ai pas envie de m'infliger ça.Sinon, tu as raison, on dit bien crouler SOUS le travail. Peut etre que je vais finir par crouler dessus quand même, si je suis trop fatigué.Bon en attendant, j'arrête pas de me dire que Sarkozy sera encore président le jour de mes 27 ans, et je trouve ça super nul.Prout
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1
 'Faut pas croire mais il nous arrive aussi à nous, les "tatas" de lire ton blog (mais j'suis occupée avec le mien, ça prend du temps). J'ai donc lu et relu ton dernier article et je dois dire que je vais devoir le relire, parce que ton boulot même si il te paraît simple... les procédures d'accès sont excessivement compliquées pour une personne n'ayant pas suivi d'études supérieures..... Alors j't'dis pas ta mémé. Je l'ai sorti sur papier. Samedi nous tenterons, nous les "tatas" d'expliquer tout cela.<br /> Alors dimanche soir ça pas été trop dur.? Peut-être as-tu fait comme moi : zapper et boire un bon verre pour oublier ce cauchemar.<br /> Allez bye - Sylvie
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G
au fait, gascof DO / gascof DOES ?
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G
 Prem's (et sans même avoir lu la newsletter)<br /> je crois avoir à peu près tout compris. Faut dire que c'est pas la première fois que j'ai l'explication. malgré tout, pas d'interro surprise, please.<br /> sur ce, je vais aller voter pour qui tu sais ... croisons les doigts !
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