Mission : impossible !

Publié le par gascof

"Cette mission, si vous l'acceptez, consiste à organiser un barbecue dimanche"

C'est en substance ce qui a été proposé au benjamin de l'équipe des Anglais la semaine dernière. Comme ce benjamin s'appelle Tom, il a accepté.

Pour accomplir cette délicate mission, il a heureusement bénéficié de l'assistance de toute une équipe de joyeux Britanniques - Anglais et Gallois - , de trublions Allemands - qui en fait organisaient leur propre barbecue - et de Français - ce sont les deux qui ne tentent même pas de suivre les Britanniques et les Allemands à la bière.

Première mission : le barbecue
Comme vous pouvez vous en douter, malgré la saison, on ne trouve pas de barbecue au supermarché ici. Alors qu'en France, ils doivent tous être en promo, tel celui avec la super-grille qui se nettoie toute seule, ou encore celui fourni avec le plateau en bois rabattable, ou cestui-là en fonte - la fonte, c'est trop lourd, faudrait changer de barbecue si vous en avez un comme ça, surtout si les pieds ne veulent pas tenir, mais je mégare.
Hereusement, on travaille dans une usine sidérurgique. Une chute de passe-cable, des tiges de fil de fer et, quelques minutes de soudure à l'arc plus tard, voici la fine équipe dotée de 2 barbecues flambant neufs. On s'apercevra plus tard de quelques défauts de conception, qui devraient être corrigés à la sortie de la deuxième série.

Deuxième mission : les courses
Si la plupart des éléments de cette liste sont faciles à trouver - pain, chips, ketchup, pastèque, bière,... - il y en a deux qui posent problème. J'ai nommé la viande et le charbon.
Pour la viande, le plus dur est de mettre la main sur de la viande dont l'ingestion ne posera pas de complication - ce qui implique qu'il ne faudra mettre la main dessus qu'au sens figuré. Premier supermarché : choux blanc - en fait, on n'a pas pris de choux blanc, parce qu'ils sont moches, rabougris, qu'au barbecue ça doit être nul et que j'utilisais simplement une expression pour dire qu'on n'a pas trouvé la viande recherchée.
Direction le marché. Où il faut par endroits avoir le coeur assez solidement attaché, même si globalement, ça reste relativement pas excessivement trop sale - ce qui en dit long malgré tout sur le niveau d'hygiène d'un tel lieu. Choux de Bruxelles - c'est juste pour faire une variation par rapport à l'expression précédente, n'y prêtez pas garde, c'est juste un effet de mauvais style.
Croire en la défaite ne serait pas digne d'Ethan Hunt et son équipe, et Tom a alors abattu son atout principal dans cette histoire, John. Ok, son vrai nom ne peut pas être John, vu que c'est un chinois, mais tout le monde l'appelle comme ça, c'est son nom anglais - pour info, c'est la caution asiatique de cette histoire.
John a donc obtenu d'un indic l'adresse d'un "boucher", chez qui nous nous sommes rendus. Pendant qu'une partie de la troupe faisait le guet à l'extérieur, Tom et John sont rentrés. Nous avons bientôt perçus des coups de hachoir dans ce qui, au bruit, avait tout l'air d'être de la bidoche. Sans me précipiter, je suis allé jeter un oeil - pas trop fort, sinon il éclate sur le mur et ça fait une tâche.
Pour être boucher, il faut : un frigidaire horizontal - comme un congel, mais en frigidaire - une grosse planche à découper et de quoi couper. Dans une pièce qui donne sur le salon-salle à manger.  "J'espère que vous avez le coeur bien accroché parce que c'est une véritable boucherie à l'intérieur...".

Troisième mission : aller au charbon

Nous voilà repartis avec le butin recherché, en quête de l'élément quasi-indispensable, le charbon.
Pour ceux qui se demandent où trouver du charbon quand personne ne fait de barbecue dans le pays où vous vous trouvez, il suffit de marcher en ville jusqu'à tomber sur la bonne personne.
Laquelle, en l'occurence, devra nécessairement se tenir debout derrière un étalage ambulant, type marchand de beignets comme dans notre cas. Bien sûr, il ne faut pas faire cas de la tête du gars quand un chinois qui traîne avec des étrangers négocie le prix de quelques morceaux de bois à moitié brûlé, le concept de barbecue n'ayant pas encore émergé à Wu Gang Shi à cet instant là.

Quatrième mission : allumer le feu
- je sais, c'est du Johny, et je peux pas le blairer, encore moins depuis qu'il est copain avec Sarko et qu'il se casse en Suisse parce qu'il veut pas partager avec les pauvres qui achètent ses disques.
Dans les "Mission : Impossible" originaux, c'était facile : une allumette, et hop, le tour était joué. Sauf que là, il y avait un vent à décorner les boeufs. Chaud, mais venteux. Ce qui n'a pas été pour faciliter l'allumage. Mais avec du papier - et quelques plans mécaniques dessus, Tom fait avec les moyens du bord, c'est son côté Mac Gyver - et un peu de patience, notre héros est venu à bout de cette épreuve. Pour information, le carton d'emballage estampillé DELL fonctionne aussi, ainsi que les caisses en bois.

Cinquième mission : opération brochette
Sur ce coup là, je me suis plutôt bien défendu, que ce soit à l'épluchage ou à la coupe des oignons, à la préparation des poivrons ou la confection des brochettes de légumes.
Steeve s'est lui occupé des brochettes de viande pour lesquelles il fallait assaisonner
à la poudre de piment des brochettes initialement surgelées. Ce qui suppose qu'on met le piment dans le sachet des brochettes. En faisant attention si possible au sens du vent, sinon j'en prends dans l'oeil. Merci Steeve !

Sixième mission : ravitaillemement

Dévaliser toutes les bières disponibles à l'hôtel n'ayant pu suffire à étancher les gosiers britanniques, nous avons soudain vu Ruppert s'en aller avec une caisse de bouteilles vides.
Et revenir quelques dizaines de minutes plus tard avec la même caisse, pleine.

Septième mission : rentrer
On a bien rigolé, on a bien festoyé, on a bien pris le soleil, on a vu des oiseaux, fais les attractions pour les chinois qui nous ont regardés tout l'après-midi en se demandant ce qu'on pouvait trouver d'intéressant à faire du feu dans un truc-bidule en fer et à mettre de la bouffe dessus pour manger en plein après-midi - oui, j'avais oublié : on a commencé à faire le feu vers 14h30. On a ausi fait le bonheur du balayeur du parc en lui laissant toutes les bouteilles de bières, vu quelles sont consignées.

Bref, mission accomplie

Reste le retour à l'hôtel à gérer.
On transporte tout le bordel jusqu'à la route, et puis, là, des mecs dans des machin-choses à trois roues s'arrêtent - c'est comme un monospace en beaucoup plus petit, avec une seule roue à l'avant. Seule envie pendant le trajet : ouvrir la portière pour pousser avec le pied. Mais je l'ai pas fait : il ne faut jamais faire perdrelafaceà un chinois, ça ne se fait pas, c'est comme ça.

Bien entendu, une seule envie après cette journée : refaire rapidement la même chose.
Sauf que les anglais veulent aussi reproduire un affrontement entre Cambridge et Oxford en faisant une course de canoës sur le lac. Le délire est même allé jusqu'à prévoir un parcours qui tiendrait plus du triathlon,voire du quadrithlon si on tient compte de la partie finale devant se dérouler dans le bar de l'hôtel - ils ne pensent vraiment qu'à ça, ces anglais : boire de la bière.

Pas de photos cette fois-ci - du moins pas moi, mais je vais essayer d'en récupérer.
Promis, j'immortalise le prochain joyeux événement de la sorte.

Conséquence irréversible de ce barbecue : je tiens à faire des barbecues avec tout le monde quand je rentre en France - c'est pas pour tout de suite, ça fait que deux semaines que je suis revenu en Chine. Mais ça devrait être en plein été.

Alors, à vos brochettes, faites chauffer les braises et mettez des glaçons au frais !

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Publié dans where-is-gascof

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S
J'aurais pu t'aider pour la bière en fait...
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G
Ma maman m'a dit que cet article était très drôle.Dans un mail où elle me rappelait de ne pas oublier de faire ma déclaration de revenus...Mais elle n'a pas laissé de commentaires. Donc je m'auto-commente.Les autres, vu que je ne reçois pas de mail disant que c'était génial, ayez au moins l'amabilité de commenter. C'est un minimum !Et en rentrant, ça sera "Italien, définitivement Italien."
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G
Ce que je regrette le plus c'est qu'il n'y ait pas de photos de "la tête du gars quand un chinois qui traîne avec des étrangers négocie le prix de quelques morceaux de bois à moitié brûlé".a part ça, si la référence à mission impossible est plus qu'évidente, j'ai aussi noté un petit passsage de LCDLP, film incontournable s'il en est. Ce qui me fait penser à "J'ai faim, si on mangeait chinois j'serais hyper content !". Réplique que tu ne prononceras sûrement pas tout de suite en rentrant.;-))<br /> Pendant ce temps, à Vera Cruz...
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