Eregli, Turquie

Publié le par gascof

Après le dernier article, qui était le premier avec des photos - innovation suffisante pour être remarquée - mais des photos relativement dépourvues d’intérêt - chose que vous n’avez pas manquée de remarque non plus - je vous propose quelque chose un brin plus captivant - disons que je vais faire de mon mieux.

 

Où suis-je ?

Sempiternelle question à laquelle j’ai failli oublié de répondre cette fois-ci.

Je suis assis dans un des deux salons de mon appartement à Eregli, Turquie – je suis dans le fauteuil au fond à gauche pour ceux qui veulent des détails.

Mais comment suis-je arrivé dans ce fauteuil ?

 

Après quelque nuits à Akçakoça, j’ai déménagé dans un appartement à Eregli - avec un signe cabaliste sur le « g », qui veut dire que l’on ne le prononce pas mais qu’on allonge la voyelle précédente - où se trouve l’usine d’Erdemir - à ce propos, Erdemir vient bien de Eregli et de « demir », qui se rapporte au fer, vu que j’ai vu un bouquin d’Alexandre Dumas au supermarché, intitulé Demir maske. Et je reviendrai sur le supermarché plus tard.

 

Avant de passer à la phase descriptive de l’appartement que je loue avec mon collègue de Clecim - ou VAI Clecim, ou Siemens-VAI, enfin bref, Clecim de Saint Chamond, Loire, France - laissez-moi vous conter la phase de « recherche » de cet appartement. Lorsque nous étions à l’hôtel à Akçakoça, un chauffeur venait nous prendre le matin et nous ramenait le soir. Ce chauffeur - en fait, on en a eu trois différents - travaillait pour Mehmet P. - je ne lui pas demandé sa permission, alors je ne cite pas son nom complet, même s’il ne comprend pas un traitre mot de français - vendeur de voitures et d’accessoires automobiles à Eregli, qui s’était déjà chargé d’organiser les transports et de trouver des appartements pour les ingénieurs de VAI UK - nos collègues anglais qui construisent la ligne de production sur laquelle est située notre planeuse. Et là, c’est le drame, il y en a qui non rien compris à cette phrase, tellement je l’ai entrecoupée de commentaires, mais tant pis pour eux.

NB : pour ceux qui ont eu du mal avec les commentaires que je sème à tout va, sautez les passages entre tirés, ce qui reste est parfaitement compréhensible.

 

Le brave Mehmet, donc, nous donne rendez-vous pour aller visiter des appartements que nous pourrions louer.

Premier appartement : il est encore occupé par une famille (on rencontre la femme et ses deux enfants). Mehmet, avec les 4 mots d’anglais qu’il connaît, nous explique que malgré tout c’est bon, si on veut l’appart, demain, on peut emménager.

- « No problem » Désignant la femme et les enfants « Tomorrow, out. You, in. No problem ».

Bon, la vue est bouchée par l’immeuble voisin, distant d’environ 4 mètres, une fenêtre sur une autre façade donne sur une vallée où passe la route : voyons-en un autre.

Deuxième appartement : De cet appartement, à la vue encore plus bouchée que le précédent, je vais vous décrire – si j’y arrive – la rue par laquelle on y accède. Pour cela, essayez de visualiser la scène de l’assassinat des parents de Bruce Wayne dans le premier Batman – ok, c’est pas forcément facile, d’ailleurs, il faudrait que vous visualisiez le souvenir que j’ai de cette scène, et pas la scène elle-même. Toute visualisation d’une ruelle malfamée de ce type là - perpendiculaire à une artère plus importante, avec des bennes à ordures non vidées, au sol défoncé et fourni en nids-de-poules – convient parfaitement pour décrire la ruelle où se situe l’entrée de l’immeuble. Même Mehmet n’a pas semblé souhaiter que nous louions cet appartement.

Troisième appartement : plus proche du bord de mer, dans une villa individuelle. Vue bouchée encore une fois, par des jardins – mais terrains vagues conviendrait mieux – des fils électriques, une route et un camp militaire de la marine turque. En plus, c’était sale, des restes de cuisines moisissaient dans une casserole – d’une manière générale, les gens non pas l’air de craindre l’état des lieux de sortie quand ils rendent leur appartement, ou alors tout le monde s’en fout.

Quatrième : c’est celui qu’on loue, la description arrive.

Le cinquième et dernier appartement visité était le plus classe. Relativement tout neuf, rien de non fini à première vue, lumineux, cuisine bien équipée. Encore une fois, occupée par une famille, un couple approchant de la cinquantaine. La femme parle anglais - sacrément mieux que ce brave Mehmet – et nous explique qu’elle peut être partie le lendemain et nous laisser l’appartement. Quand on lui demande où ils vont aller, elle nous dit qu’elle partira en vacances à Istanbul, où elle a une maison. On lui demande combien de temps de vacances elle a, elle nous répond qu’elle peut rester en vacances tout le temps où on lui louera l’appartement – apparemment, elle gagnerait plus en louant son appart qu’en travaillant. Au cours de la visite, on tombe sur la grand-mère, en train de tricoter sur un canapé. Encore une fois, la vue est quasi imprenable sur l’usine, on ne choisira pas celui-là.

 

Voici donc l’appartement sur lequel nous avons jetés nos dévolus. Il est situé au plus haut d’Eregli – ou presque- ce qui n’est, malgré tout, pas annonciateur en soi d’un panorama exceptionnel. Mais, particularité intéressante, nous occupons le rez-de-chaussée d’une villa dont les occupants utilisent l’étage inférieur – ils ne vivent pas en sous-sol, on est sur une pente, comme la quasi-totalité de la ville. Ce qui fait l’intérêt de l’appartement, c’est le grand jardin que les propriétaires ont conservé en contrebas, ce qui nous évite tout immeuble boucheur de vue. Et nous avons donc une vision panoramique sur la mer, qui nous permet d’embrasser du regard toute la baie d’Eregli, mais aussi d’apercevoir par beau temps le golfe jusqu’à – au moins – Akçakoça.

 

PS : Comme c’est déjà assez long, même s’il n’y a pas de photos, je découpe l’article, et je vais programmer la publication automatique des suivants pour les jours à venir.

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Publié dans where-is-gascof

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